Confinement : Accouchement ?


N'ayant pas de téléviseur, quand le confinement a débuté, j'ai vaguement entendu parler de la nécessité d'une attestation pour se déplacer. Je suis alors partie interroger Internet et la première information que j'ai lu, c'est la traduction de l'anglais au français de « Confinement » qui signifie « Accouchement ». La thérapeute que je suis, s'est de suite emparée de ce mot, et au-delà, de ce qu'il venait faire écho en moi. Depuis le début du confinement, le mot « Accouchement » a accompagné mon expérience personnelle mais aussi mes observations sur le monde extérieur.

Le printemps est déjà à lui seul une période de renaissance, de floraison et des semis au potager. La nature accouche également avec les naissances animales multiples de par le monde.

Et pour nous, humains, ce confinement, qui est venu nous garder à l'intérieur, nous a contraint à ne plus « fuir »vers l'extérieur de nous-même. Les actions vers l'extérieur ont été stoppées, nous nous sommes retrouvés face à nous-même et à notre famille proche, pour certains. Pour d'autres, je pense aux soignants, aux personnels du domaine agro-alimentaire, aux éboueurs, et d'autres encore, le confinement a bien sûr été vécu autrement. Non seulement, il n'a pas eu lieu mais il a obligé à davantage de travail, mais aussi à prendre des risques, car, ne l'oublions pas, le confinement a eu pour but de limiter la propagation d'un virus.


Je n'aborderais pas ici les questions du pourquoi ni du comment du virus.


Les débuts du confinement, que nous pensions limité, « 15 jours » nous a-t-on dit, ont été vécus de manière active pour beaucoup d'entre nous : télétravail, dossiers à rattraper, maison à nettoyer et à ranger, jardin à entretenir, travaux à poursuivre...bref, nous avons vite trouver de quoi nous occuper, nous avons trouver à « faire ». Et puis, le confinement s'est prolongé et nous avons dû, parfois, faire face à l'ennui, à l'impatience et au sentiment de privation de liberté de déplacements et d'actions.

Ces exemples ne sont pris qu'au hasard dans la multitude d'expériences vécues par chacun d'entre nous, car bien sûr, nous vivons chaque situation de manière singulière.

Pour certains, le confinement a « forcé » le retour à soi.

C'est quoi, SOI ? Eh bien, ce sont nos émotions, nos besoins, nos désirs conscients et inconscients, nos projets, nos rêves, notre corps aussi.


Pour moi, cette période unique de confinement mondial représente le féminin ou le YIN. Rien n'est au hasard dans ma vision des choses de la vie, et cette période de crises que nous traversons est en lien profond avec l'énergie du féminin, avec l'énergie de la Terre. La Terre qui a mal, la Terre qui pleure, les animaux qui disparaissent, le vivant qui sombre...et les femmes qui depuis plusieurs mois, parlent de leurs blessures et de leurs souffrances...j'ai beaucoup d'émotions à écrire ces mots et des frissons dans le corps....des mémoires de souffrances vécues...Tout résonne.


La vie nous a obligé, en ces instants à nous arrêter, afin de regarder, de ressentir, d'accueillir et d'expérimenter l'énergie du féminin. L'accouchement est là. Car ces actions permettent de nous libérer de nos souffrances en mémoire, de nos émotions retenues et de révéler petit à petit les meilleures parties de nous-mêmes, sans peur, avec dignité, force et conviction. Je rajouterais légèreté, humour et amour, ingrédients nécessaire à l'épanouissement.

Pour de nombreuses femmes, les blessures ont été vécues directement ou bien partagées de génération en génération. Combien de femmes, ont mis de côté ce féminin pour favoriser leur masculin soumis, bafoué pendant tant d'année et, finalement continuer de soumettre et d'exploiter leur féminin, sans l'honorer, ni le respecter.


A partir de 1968, les femmes qui se sont battues pour nos droits légitimes - merci à elles - ont eu besoin d'exprimer leur masculin, nié, écrasé jusqu'alors, mais elles ont oublié, quelque part leur féminin.

Pourquoi ? Car la femme, réduite à son féminin, n'a jamais été valorisée. Le féminin n'a jamais été valorisé. Et, il a été effacé, écrabouillé, massacré aussi chez l'homme.

Quel drôle d'évolution tout de même! Après avoir nié le masculin chez la femme et le féminin chez l'homme, voilà le temps des réconciliations. Enfin !


Et c'est à cela que peut nous confronter le confinement, j'aimerais dire qu'il « devrait ». Alors, oui, certains, vont sortir de ce temps de pause, « comme avant », en résistant tant bien que mal aux changements, ou bien, en déniant ces changements. Mais pour d'autres, les temps de réflexion et de prise de conscience vont engendrer des choix et des actions différentes plus respectueux d'elles-même et de leur environnement.

Ce qui se joue à l'intérieur, se joue à l'extérieur et vive-versa, mais tout commence à l'intérieur. Nos pensées orientent nos actions.

Alors usons, profitons, jouissons de ces temps qui nous sont donnés de nous retrouver en nous-mêmes pour agir en conscience pour le meilleur de nous-mêmes, des autres et de notre environnement. Prenons-soin de nous.





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​© 2018 par Sandrine BREDECHE

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